Un professionnel au service des décideurs de l’aménagement

Capable d’intégrer l’ensemble des enjeux propres à un territoire en s’appuyant sur une large culture scientifique et technique, le paysagiste concepteur est un acteur incontournable de la fabrication de la ville et des territoires de demain.

Ses échelles d’interventions s’étendent du jardin au territoire et comprennent: les espaces publics, l’urbanisme opérationnel, les grandes infrastructures, les espaces naturels, culturels et ruraux, la planification, le grand territoire. À chacune de ces catégories correspond un éventail de commandes de natures différentes.

Sans cloison entre ses différentes missions, le paysagiste est amené à articuler en permanence une échelle à l’autre.

Il est complémentaire et partenaire des autres métiers de la conception et de la maîtrise d’œuvre: écologue, architecte, urbaniste, ingénieur… avec lesquels il partage le projet d’aménagement.

Le terme de «Paysagiste Concepteur» est utilisé ici à défaut d’une reconnaissance en France du titre d’architecte-paysagiste, reconnu dans tous les autres pays francophones et par les organisations internationales (Landscape architect en anglais).

À la croisée des disciplines

Pour être pertinente, toute intervention sur le territoire se fonde sur une lecture à la fois savante et sensible du paysage. Le paysagiste fait donc appel à des disciplines scientifiques — historiques, sociologiques, économiques — ou artistiques. Combinées ensemble, ces références l’aident à construire un projet ancré sur un argumentaire solide autant que sur la capacité inventive du concepteur. Ancrage et créativité fondent la démarche paysagère.

Les caractéristiques naturelles d’un paysage s’expliquent par sa géologie, sa géomorphologie, sa pédologie, son écologie mais aussi son hydrographie et sa climatologie. Chacune de ces disciplines apporte des éléments de compréhension sur sa formation, ses évolutions et sa transformation possible.

De la même façon, interroger l’histoire d’un lieu et comprendre sa constitution progressive peuvent être déterminants pour le projet.

Nourrir le processus d’un projet de paysage par l’analyse sociologique permet de situer les acteurs de ce paysage dont les modes de vie le façonnent et le construisent (urbanisme) et d’appréhender les évolutions en matière de mobilités.

Pour agir dans le paysage, savoir mobiliser les déterminants économiques se révèle indispensable. L’économie commerciale et industrielle s’affiche sans pudeur aux franges de nos villes; l’économie agricole dessine nos campagnes; l’économie touristique marque nos côtes littorales, nos montagnes et nos villes patrimoniales; l’économie énergétique trame et ponctue notre territoire.

Il est enfin essentiel de porter un regard esthétique sur le paysage. Si le «beau» est l’objet d’une appropriation subjective, celle-ci est aussi de nature culturelle. Liée à notre mémoire collective et aux héritages, elle peut ainsi se partager. Parler de la qualité d’un paysage, c’est évoquer son harmonie, une composition cohérente qui a du sens dans son environnement et pour une communauté donnée.

Le rôle du paysagiste concepteur s’apparente à celui d’un généraliste capable de convoquer ces disciplines pour agir sur le territoire en ménageant un juste équilibre entre les valeurs économiques, environnementales, culturelles et sociales.

La démarche paysagère au service des grands défis contemporains

La démarche paysagère est une démarche de projet innovante mixant concertation, créativité et ancrage territorial qui permet au paysagiste concepteur d’être force de propositions face aux grands défis de nos sociétés:

  • En pensant en amont la gestion des espaces, en estimant les coûts globaux et en privilégiant des aménagements sobres, il participe à la maîtrise des coûts et des budgets contribuant ainsi à une économie plus soutenable.
  • En conduisant des démarches de reconquête, de restauration ou de requalification, il redynamise et renforce l’attractivité et la vitalité des territoires.
  • En concevant de manière sensible, il améliore le cadre de vie et favorise le bien-vivre ensemble.
  • En intégrant l’esprit du site comme valeur fondamentale du projet, il poursuit la mémoire des lieux et des hommes qui les ont construits.
  • En menant les projets par la concertation, il contribue à l’acceptabilité des transformations du cadre de vie et favorise la cohésion sociale.
  • En prenant en compte les usages, il conçoit des espaces publics partagés, négociés et mutualisés.
  • En offrant des espaces de nature en ville, il contribue au bien-être et à la santé des populations.
  • En réorganisant les mobilités en faveur des déplacements doux et actifs, il favorise les changements de comportements dans les déplacements.
  • En rendant les surfaces plus perméables, il prévient les catastrophes naturelles liées à une artificialisation excessive des sols et réduit les coûts très lourds de réparation et de dédommagement (prévention des inondations et de l’érosion des sols, gestion des eaux de pluie).
  • En concevant des espaces publics abondamment végétalisés, il diminue les effets du réchauffement climatique et régule efficacement la température dans les villes.
  • En rétablissant les corridors écologiques, il restaure le vivant et lutte contre la perte de biodiversité.

Ses missions

Le paysagiste intervient en amont des projets:

  • Assistance à la maîtrise d’ouvrage et programmation urbaine
  • Diagnostic, définition des enjeux d’un territoire
  • Plans d’actions, programmation d’espaces publics, parcs et jardins
  • Charte paysagère

À l’échelle du grand territoire:

  • Planification: SRADDET, PCAET, SMVM, SCOT, PLUI, PLU, Loi Littoral, Loi Montagne
  • Atlas des Paysages, Plans de Paysage, Atelier des Territoires
  • Plan de gestion UNESCO, Opération Grand Site, chartes, études d’impact
  • Production et transport d’énergie (ENR)
  • Transports: autoroutes, voies ferrées, tram-train, canaux
  • Carrières, friches industrielles

À l’échelle de la ville et du quartier:

  • Grand projet métropolitain, Trame paysagère, schémas directeurs
  • Espace public: aménagement de bourgs, de cœurs de villes
  • Espaces péri-urbains, agriculture de proximité, jardins familiaux
  • Conception urbaine: éco-quartiers, zones d’aménagement concerté (ZAC), lotissements…
  • Transports urbains: gares, tramway, pistes cyclables, stationnements
  • Aménagement de zones d’activités, sites industriels et portuaires
  • Réhabilitation de quartiers (renouvellement urbain)

À l’échelle du jardin:

  • Public: squares, parcs et jardins, golfs, terrains de sports…
  • Privé: particuliers, entreprises, associations…

Le paysagiste et le participatif

Le paysagiste, par sa capacité à travailler avec le vivant et les dynamiques de paysages ainsi qu’à explorer les lieux habités et à les comprendre, est enclin à échanger et agir avec les communautés humaines.

Le Paysagiste-guide

Que cela soit dans la faisabilité ou les études de programmation, le paysagiste est l’interprète des paysages et devient en ce sens un «guide» de site et de projet.

Visiter et parcourir, ensemble

Une visite de site collective est nécessaire. Pour cela, le paysagiste questionne et provoque le débat sur le choix des sites d’implantations ; prépare et met en scène des visites partagées; anime les débats et synthétise les réactions.

Du détail au général et du général au détail

Soucieux de la réponse faite à l’intérêt général et sachant que le paysage est le reflet d’une organisation globale et de modes d’installations particulières, le paysagiste recueille les demandes individuelles en les reliant aux enjeux de l’intérêt commun.

La concertation est un métier…

Le paysagiste intègre la concertation dans son approche de projet comme un outil nécessaire à la compréhension d’un territoire, à la démarche de conception ainsi qu’à la communication et la pédagogie du projet.

…et le paysagiste un passeur.

Quelques outils pour une démarche participative

  • Atelier de travail avec les conseils municipaux/intercommunaux et responsables d’associations
  • Entretiens collaboratifs avec des habitants
  • Visites commentées, lectures de paysage
  • Chantiers participatifs

Les écoles

Les études de paysage nécessitent entre 5 à 6 années d’études.

Les écoles françaises reconnues par la FFP:

  • École Nationale Supérieure du Paysage (ENSP) Versailles et Marseille
  • École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux (ENSAPBX)
  • École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille (ENSAPL)
  • AGROCAMPUS OUEST Angers
  • École Supérieure d’Architecture des jardins et des Paysages Paris XXe (E.S.A.J)
  • École de la Nature et du Paysage (ENP) Blois (Anciennement ENSNP)

Paysagistes Conseils de l'État

Les Paysagistes-Conseils de l’État sont des paysagistes maîtres d’œuvre indépendants. Ils exercent par ailleurs, pour le compte de l’État, une mission de conseil auprès des services déconcentrés, DDT(M) (Directions Départementales des Territoires (et de la Mer) et DREAL (Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).

Au sein des services, ils sont appelés à tenir un rôle de conseil, d’éclairage professionnel et de pédagogie.

Ils sont regroupés au sein d’une association, l’APCE, dont les rôles principaux consistent à être l’interlocuteur qui fédère les Paysagistes-Conseils auprès du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, et de l’Énergie (MEDDE), et du Ministère du Logement, de l’Égalité des territoire et de la Ruralité (MLETR).