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Notes de lecture

18/12/2018REVUE LITTÉRAIRE "JARDINS", N°7

Autre grand communiant de la nature –Giuseppe Penone – avec un texte unique sur le sentier écrit en 1976 : « La superposition de pas produit le sentier » :

« La superposition de pas produit le sentier.
Le sentier suit l’homme, il est la durée du passage de l’homme
Et le moment où l’effet de son passage disparaît. (…)
Un bon sentier, c’est celui qui se perd dans le maquis, qui se referme d’un coup avec ses arbustes sur le dos du promeneur… »

Gilles Clément est à la fois proche de l’artiste tout en restant paysagiste, jardinier et militant du « Jardin planétaire ». Pour lui, le chemin demeure un acte, une trace visible mêlés aux multiples visions du monde, guidés notamment par la nécessaire attention au milieu vivant ; une attitude, une approche invitant à envisager les transformations du monde différemment.

Retour dans un jardin clos, enfin pas tout à fait, ou même pas du tout si l’on suit Véronique Brindeau sur le chemin de thé d’un jardin japonais, dont les détours et les stations invitent en peu d’espace à s’engager dans les profondeurs de la forêt.

Suivre un chemin pour l’ethnobotaniste Véronique Mure, c’est s’intéresser à tout ce qui pousse sur les bords, toutes ces plantes dont l’existence est permise par des fauches régulières, plus de lumière, et même le piétinement…  plantes devenues au fil du temps les compagnes des routes et des chemins : « Que le chemin traverse des espaces forestiers ou agricoles, longe un cours d’eau, passe en plaine ou en montagne, dans des milieux chauds ou plus frais, il est toujours accompagné d’un cortège floristique qui lui est propre, lié à l’impact des hommes qui y tracent leur route. »

Enfin, nous terminerons cette note de lecture avec Michel Péna, tout en recommandant de lire tous les textes de la revue tant il y a sur le sujet du chemin autant de regards que d’auteurs. A sa manière, Michel nous invite à « Jouir de la ville », en évoquant comment il a appréhendé trois villes et trois territoires – Nice, Paris et Moscou – pour réaliser trois projets : la Promenade du Paillon (Nice), l’hippodrome d’Auteuil (Paris) et une promenade-parc à travers la ville (Moscou). A travers ces trois exemples, le paysagiste situe sa place (notre place) et la résume ainsi : « Le promeneur en ville recrée l’espace urbain, il retisse des liens, tout simplement en se promenant. A condition, bien entendu, que les lieux qu’il traverse puissent lui parler et qu’il soit en mesure de leur répondre, d’interagir. C’est pour cela que nous devons réinventer un maillage des chemins indépendant des allées fonctionnelles : des chemins capables d’éveiller des rêves, qui sentiraient la noisette et le tilleul, des promenades sensibles, à partir desquelles le monde extérieur mais aussi notre être récupèrent une cohérence. »

Michel Audouy

  • Collectif, ss la direction de Marco Martella, Editions Les pommes sauvages, n°7, 108 pages, 16 euros.

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