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Notes de lecture

18/12/2018LA NÉCESSITÉ DU PAYSAGE

Le chapitre un définit ou redéfinit le paysage à travers plusieurs entrées : nature, territoire, vue, ambiance, métamorphoses, rien de nouveau sinon une remise en perspective du sujet en rappelant au passage quelques références incontournables comme les travaux de Philippe Descola.

S’ensuit un chapitre « Agir avec le paysage », où l’auteur développe la manière dont les relations au paysage se déploient dans une perspective de projet : « agir sur et agir avec ». Il est question d’un dialogue qui s’établit autant avec le socle géographique, qu’avec les êtres vivants, dans le temps. C’est fondamental.

 J.M. Besse le rappelle à juste titre : « le projet est une réponse vis-à-vis d’un problème spatial, social, écologique… qu’il développe en quatre points sous le titre « Éduquer au paysage » : situation (site au sens large), savoirs (mise en œuvre d’acquis à partir des données du site), références (conscientes et imaginaires, textes, et images…), idée (le point de vue, « une forme organisatrice dans laquelle s’articule une proposition, c’est le moment où s’exprime la créativité dans le projet ; »). Un long paragraphe est consacré aux documents produits dans le cas des opérations de description mais le sujet reste encore à défricher pour convaincre.

Nous l’évoquions plus haut, ce livre n’apporte rien de nouveau sinon dans la manière dont l’auteur formule ou reformule la notion de paysage et la redéfinit en insistant sur un aspect essentiel : « le paysage comme éducation à l’attention (…) : Penser et agir avec le paysage c’est d’abord y être attentif et y faire attention… » Une attitude que nous savons indispensable tellement elle oblige à envisager le monde à rebours du temps médiatique, et d’une vision partielle, voire individuelle du territoire. À cet égard il faut « être attentif aux arrière-plans »… Michel Corajoud le disait souvent.     

Le paysage est bien présenté comme une voie (possible) pour répondre aux questions posées par la crise environnementale, notamment par cette nécessité de retourner à l’attention, l’observation, la compréhension, en préalable à la transformation du monde.

Jean-Marc Besse appelle à « explorer » tous les signes de l’action paysagère qui se multiplient sur les territoires : des formes de vies différentes, des conceptions alternatives, de nouvelles organisations économiques… à côté d’actions plus classiques de planification et de projets.

À signaler en fin d’ouvrage, une petite et riche bibliographie.

Michel Audouy

  • Jean-Marc Besse, Editions Parenthèses, collection « La nécessité du paysage », 112 pages, 14 euros

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