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Notes de lecture

06/08/2018PAYSAGES EN COMMUN - LES CARNETS DU PAYSAGE

Ainsi Pierre Donadieu, qui a récemment consacré un ouvrage au sujet, aborde la gouvernance territoriale sous l’angle de « commun paysager agriurbain » décrivant l’émergence d’une conception nouvelle des territoires qui associe l’économie, le projet et l’expérience des usagers. Joëlle Zask ( ?) porte un regard neuf sur l’écologie en l’associant à l’agora – « Pourquoi la place publique est-elle une place écologique ? », renouant ainsi avec les origines même de la place grecque antique, la place du platane. De cette place à Notre Dame des landes il y a beaucoup d’obstacles mais l’on peut constater en une décennie le rôle de forum joué par la ZAD et les Zadistes, proposant avec plus ou moins de sérieux et d’inventivité de nouvelles formes de mise ne commun de l’espace ne relevant pas d’un système économique « marchand ». Les paysagistes de Coloco sont précurseurs en matière de nouvelles formes d’appréhension du projet de territoire. Miguel et Pablo Giorgieff rappellent que la dimension participative est d’abord une épreuve pour les paysagistes. Co-construire l’espace public est un défi tant cela renvoie aux relations multiples et contradictoires qu’un groupe entretient avec son territoire. Ils présentent trois exemples et des pistes d’actions pour appréhender l’idée d’une mise en œuvre toujours en devenir. A Paris c’est compliqué !

L’historien Hervé Brunon prend l’angle des jardins pour aborder la thématique rappelant que le jardin édénique » a été, est encore, un lieu de combat contre les nuisibles, combat que la crise environnementale nous invite à reconsidérer sur la base d’une interdépendance entre les êtres vivants.

Catherine Larrère envisage une nouvelle forme de protection de la nature et des paysages communs autour de « l’habiter » dans une réconciliation du pays et du paysage. Pour Gilles Clément le trésor commun c’est la biodiversité qui se re-constitue partout où l’homme a cessé d’intervenir et où les lois du marché ne s’appliquent pas. L’idée du bien commun reste encore un combat.

Signalons également les articles d’Eugénie Denarnaud autour des jardins « pirates » de Tanger, de Paulien Frileux autour de l’expérience sensible qu’apporte aux habitants le pâturage urbain.

Un regret : le manque d’articles ou d’entretiens sur la dimension politique des paysages en communs.

Michel Audouy

  • Collectif, Editions Actes Sud/ENSP, 236 pages, 28 euros

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