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27/04/2016Retour sur les 7èmes Assises Européennes du Paysage

A retenir…


Le paysage peut sauver la ville : l’exemplarité de la Méditerranée

Grand rendez-vous européen, les Assises Européennes du Paysage s’inscrivent en 2016 dans l’après COP 21. Pour faire face aux problématiques inhérentes au développement de nos villes et au réchauffement climatique, il est urgent de trouver des solutions pérennes sur le territoire méditerranéen pour concilier à la fois une urbanisation croissante, notamment de son littoral, une pression démographique de plus en plus forte et la préservation d’un cadre de vie de qualité. Et c’est en considérant le paysage comme une cause commune (citoyens, pouvoirs publics) à intégrer dès le départ dans les projets d’aménagement et à respecter jusqu’à la réalisation, intégrant notamment les végétaux, que des solutions pourront être trouvées.

Pour Michel Péna, paysagiste concepteur de la promenade du Paillon à Nice : « L’enjeu du XXIème siècle ce sont des villes plus denses et plus naturelles. Il faut réintégrer de l’écologie en centre-ville pour faire cohabiter espaces urbains très pratiqués et espaces naturels. Oui, le paysage peut sauver la ville si une réflexion sur la composition des territoires est menée en amont. Il faut retrouver des villes plus riches en biodiversité, où la nature est plus présente et le paysage est donc plus que nécessaire pour bien vivre nos villes.»


Les 7èmes Assises Européennes du Paysage ont ainsi mis en exergue des exemples concrets de traitement paysager de l’aménagement préservant la ville tout en répondant aux aspirations des citadins. A Barcelone, par exemple, la réalisation future de la Canopée urbaine « Canopia Urbana » (agence Ter) va permettre de transformer une partie de la ville en écosystème urbain. Pierre angulaire d’un nouveau dynamisme, d’une stratégie écologique et moteur de la transformation de la ville, cette réalisation redonnera à la fois sa place à la nature en ville (préservation de la biodiversité), de la fraîcheur, tout en étant adaptée aux besoins des habitants (équipements, transports, smart city…). En France, la métropole niçoise est également considérée depuis des années comme un éco territoire méditerranéen, comme l’a rappelé Alain Philip, directeur général des services de la ville et de la Métropole Nice Côte d’Azur.

D’autres exemples concrets ont jalonné les débats et ont illustré la capacité des professionnels du paysage à travailler dans des environnements complexes, avec tous les acteurs concernés : gestion de l’eau dans les zones désertiques frontalières en Israël, prévention des risques climatiques lors de développements urbains en zone vulnérable au Maghreb…

Les convictions de la filière paysage

Pour que le paysage puisse sauver la ville, la prise de conscience doit venir des pouvoirs publics.

Et c’est toute la filière du paysage qui doit se mobiliser et parler d’une même voix pour faire en sorte que les décisionnaires travaillent, main dans la main, avec les professionnels du paysage pour leurs projets l’aménagements. Les professionnels du paysage sont les garants d’un aménagement paysager de qualité. La reconnaissance du titre de paysagiste concepteur est « le témoignage de l’importance de notre regard sur l’aménagement du cadre de vie », a souligné Jean-Marc Bouillon, président de la Fédération Française
du Paysage.


Pour Catherine Muller, présidente de l’UNEP-Les Entreprises du Paysage « il y a toujours un écart entre la cause commune désirée et exprimée. Il n’y a pas assez d’investissements dans le paysage : nous devons, tous ensemble travailler et multiplier les actions pour convaincre les décideurs des bienfaits du paysage.» 

François Félix, président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières a rappelé « les liens particuliers qui unissent les professionnels de la filière, autour de leur point commun : leur attachement et leurs compétences liés à une des matières premières du paysage : le végétal. » 

Benoît Ganem, président de VAL’HOR (l’Interprofession de l’horticulture et du paysage), a conclu la journée en insistant sur l’importance de plus de collectif et en soulignant que « nous devons aussi être conscients de l’importance mais aussi de la fragilité actuelle de nos entreprises, de nos métiers, alors qu’ils inscrivent leur travail dans le temps long, au bénéfice des citoyens d’aujourd’hui et pour les générations futures ».

Enfin, pour cette édition des Assises, il est à noter la forte représentation de l'IFLA Europe, avec plusieurs délégués de différents pays, comme l'ancienne présidente Ana Luengo (Espagne), Leor Lovinger (Israël), Anja Boserup Qvist, représentant l'actuel président Tony Williams (Danemark) et Marc Claramunt, trésorier IFLA Eu (France). Tous ont souligné l'importance des travaux de l'association européenne des architectes paysagistes et de leurs retombées sur l'exercice professionnel des praticiens de chaque pays.

Les retranscriptions et les enregistrements des débats seront disponibles prochainement sur le site www.lesassises.eu

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Visite de la Promenade du Paillon avec Michel Péna - Crédit photo N. Rous


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