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19/12/2016DISCOURS D’INTRODUCTION, Cérémonie des Victoires du paysage 8 décembre 2016

Mesdames, Messieurs, Chers amis du paysage, 

5ème édition des Victoires du paysage. Voilà 8 ans que ce concours a été initié au sein de la COMEP (Commission des métiers du paysage), dans le sillage des concours « L’arbre d’or », « Paysage en héritage », par quelques professionnels convaincus qu’il fallait valoriser les savoir-faire de la filière à travers des réalisations exemplaires, et récompenser en premier lieu les maîtres d’ouvrages ou clients. Il s’agissait de reconnaître l’effort financier consenti par ces derniers, mais plus largement leur engagement dans le temps, l’engagement de toute une équipe.

Car Le paysage est bien une affaire d’équipe.

C’est ce qu’il ressort des nombreuses visites effectuées au cours de l’été pour apprécier les projets après en avoir retenus 80 sur dossier. A chaque étape, les différents jurys rencontrent des élus, les services techniques, les jardiniers, les paysagistes, les entrepreneurs de paysage, les pépiniéristes, les responsables d’association, etc – tous mobilisés pour la transformation du cadre de vie, quelle que soit l’échelle et la situation.

Ainsi, nous avons pu constater, dans les réhabilitations de quartier par exemple, une forte implication dès l’élaboration du programme. Je pense à Lille, à Mons-en- Baroeul, à Bar-le-Duc que j’ai visités mais ce même constat a été fait ailleurs par d’autres jurys.  L’implication des maîtres d’ouvrages : un maire, un président de communauté urbaine, un propriétaire de jardin également, est essentielle.

Il ressort des meilleurs projets, un investissement dans le temps, parfois sur une décennie comme à Nîmes ; et souvent, c’est le cas pour certains jardins, bien au delà de leur date de livraison. Comme, par exemple, un suivi de gestion sur plusieurs années, mission oh combien importante, mais pas toujours reconnue.

Derrière ces opérations exemplaires : des professionnels aguerris, des relations humaines, une volonté politique.

Bien sûr, tout cela ne saurait nous faire oublier les problèmes du secteur : les grandes difficultés des producteurs, et de beaucoup d’entreprises, une commande publique en berne, des prix tirés vers le bas. En période de restriction budgétaire, le paysage apparaît trop souvent comme une variable d’ajustement, le supplément qu’on ne se permet plus.

Peut-être ne serait-on pas suffisamment convaincus de sa nécessité ?

Nous travaillons tous, dans nos différentes familles professionnelles, à faire reconnaître la prise en compte du paysage comme élément essentiel et durable de l’aménagement du cadre de vie : bienfaits du végétal en ville, continuités territoriales, gestion de l’eau, lien social… , autant d’apports qui répondent aux grands enjeux de demain : l’écologie et le vivre ensemble.

Récemment, le paysagiste Alexandre Chemetoff, Grand prix national d’urbanisme (pour l’Ile de Nantes) disait : le paysage est probablement la seule invention notable de la fin du XXème siècle en matière de pensée urbaine.

Il a raison !

Preuves à l’appui : beaucoup de grandes métropoles en France ou en Europe doivent en partie leur renaissance et leur dynamisme à un projet de paysage : Bordeaux, Nantes, Lyon, Lille, Nice et sa promenade du Paillon récompensée ici même il y a deux ans. (pour citer les plus connues)

Aujourd’hui, on nous parle beaucoup de la « ville intelligente » pour qualifier une ville connectée, réglée au quotidien par les logiciels et la technologie, parfois agrémentée d’un soupçon de verdure !

Je défends, j’affirme que la ville intelligente est celle qui nous remet les pieds sur terre : une ville dessinée par les arbres, par les jardins, par des morceaux de nature ou d’agriculture, une Ville fertile pour reprendre l’expression de Michel Péna, où tout est paysage.

Ville fertile, Ville jardin, Ville paysage, Ville nature… Cité Verte au choix.

Le paysage est un humanisme.

(…) 

Ce soir c’est la fête du paysage, du jardin au territoire pour reprendre l’expression consacrée, un paysage assumé, exemplaire et qui n’entend pas faire de la figuration.  

Merci d’être là aussi nombreux !

Michel Audouy,
Président de la COMEP & Président délégué de Val'hor

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE & PALMARÈS

Photo agence Sensation

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